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Jean 'Guffle' Hausser

Un mardi à San Francisco - 07/02/2007

Aujourd'hui, c'est décidé, je visite seul. J'aime bien visiter seul. C'est moins lourd, quand on décide de partir, on part, un point c'est tout, pas besoin d'attendre que tout le monde soit prêt / ait envie / décide s'il a envie. On peut changer de plan sur un coup de tête. On est plus attentif à ce qu'on voit. On peut se tromper sans que ça pose de problème d'honneur / de schisme, et autres affaires de confiance. Et puis aussi, on établit plus facilement contact et on plonge mieux dans l'ambiance du lieu.

Bush St.

Je commence par traverser Chinatown, la journée commence bien, et j'écoute Midnight Blue de Kenny Burrell (Blue Note) qui va à ravir au cadre.

L'entrée de Chinatown sur Bush St.

Puis l'envie me prend de visiter un sous-marin resté à quai et qu'apprends-je ? Le sous-marin est en dry dock pour révision jusqu'à févirer. On est le 6 février. Bon, c'est pas grave, je peux quand même voir le J O'Brian, un navire vapeur de guerre de 1944 sauvé de la casse par une quinzaine de volontaires et à nouveau en état de marche depuis une trentaine d'années. Il a fait une croisière jusqu'en la Normandie pour D-Day+50 ans, c'est à dire 1994, et une troupe de joyeux drilles semble vivre à bord. C'est à dire manger, dormir, jouer aux cartes, faire l'entretien, etc. C'est du bon, surtout la salle de machines : quelle complexité, je plains l'équipe qui a du faire les plans, sans CAO ! La feuille d'infos indique que les scènes machines du Titanic ont été tourné ici...

Surprise Chérie! Ce soir, c'est volaille!

Après un petit Burger / Frites de chez In-And-Out, j'enchaîne sur le coin de Golden Gate Park, je trouve le bon bus, mais là, deuxième échec : je m'endors pendant le trajet donc je dois revenir à pied jusqu'à Amoeba Records.

Amoeba Records, sur Haight St.

Quelques bonnes affaires: une compile (Mostly Modal de chez Blue Note), In Absentia des Porcupine Tree, une compile de Tal Farlow (Verve), un Cal Tjader, uun George Benson et un Carlos Jobim, le tout pour 60$. Ensuite, je me rends à Twin Peaks donc le guide vente la vue. Sur le plan, ça a l'air d'être juste à côté, mais je découvre une petite note qui dit que la partie du plan en question n'est pas à l'échelle. Effectivement, il fallu pas loin de 3/4h et un peu de désarroi pour y arriver. Pour le retour, je me dis : "Tiens, en coupant par ce brin de forêt, je dois pouvoir gagner du temps et revenir vite fait". Erreur fatale, en coupant par la forêt, je me retrouve à traverser des miles de lotissements ma foi fort sympathiques si ce n'est qu'ils sont en pente (ouch) et qu'ils ont le mauvais goût de ne pas toujours annoncer les voies sans issues donnant sur des falaises abrutes par exemple.

SF, vu depuis Twin Peaks.

Mais je finis par m'en sortir et à rejoindre Golden Gate Park, juste 1/4h après la fermeture du Japanese Tea Garden. Je fais un tour du park vite fait. Notamment, par le musée de Young, dont l'étonnante se voit de loin et tranche singulièrement avec le reste du paysage urbain. Pour la petite histoire, de Young était un patron de presse fortuné de San Francisco. Ca avait l'air de marcher pas mal la presse il fut un temps, je pense que la famille Scripps dont les structures subventionnée par eux parsèment San Diego (labos, hopitaux, parcs, ...) ne me contredira pas. Puis bus retour.

Le de Young Museum, dans Golden Gate Park.

C'est l'heure où les san franciscains rentrent chez eux, le bus est plein, je suis aux anges, j'ai plein de choses à observer et à écouter, c'est super. Puis je descends à la mairie et la bibliothèque aux archeticture superbes, bien que de style différents : style congrès / capitole pour la première, syle moderne / reichstag pour la seconde.

Le City Hall de San Francisco.

Je me fais absorber par un numéro de janvier du Point à la section "Presse internationale" et quand je sors du vertex temporel, il est grand temps de rentrer. Philipp et Dimos rentrent peu après. Je repars pour une petite soirée salsa au Glas Kat. C'est une soirée live, et le groupe sonne pro, c'est très au point. Moi je le suis moins, j'aurais du réviser mes passes mentalement, ça aide toujours...

Au retour, je constate que la rue que j'ai descendu en bus à aller est à sens-unique, donc pas moyen de trouver l'arrêt du bus retour, et je me résouds donc à faire à pied. San Francisco la nuit a quelque chose de magique. Traverser Market Street, de nuit, c'est faire l'expérience de quintescence de la verticalité, une verticalité d'acier et de lumières scintillantes. La rue, devenue silencieuse et les huit voies de circulation désertes parraîssent un canyon dans lequel s'engouffre un vent marin. C'est un plaisir que de se promener passé minuit, un rock électrifié et planant (style porcupine tree ou interpol) dans les oreilles, de se perdre dans les superpositions de rues, de grate-ciels, d'autoroutes, d'hôtels, de rues dont les feux s'obstinent à continuer de régler inlassablement le traffic devenu inexistant. Mais la soif et la faim qui se faisaient sentir depuis quelques temps déjà commencent à devenir insistant... seulement, si de nombreuses enseignes restent abondament éclairées et proposent tout ce qu'il faut, elles sont désespérement fermées. M'avançant vers l'hôtel de bloc en bloc, je finis par apercevoir une boutique restée ouverte. Un chinois, qui a ouvert à 1h30 du matin... Un petit Canada Dry, un pack de chewing, un barre choco et 1L d'eau.

Sur le sol, des sans-abris dormant sur des tapis posés à même le sol. Je croise un type transportant une carabine sous le bras dans la rue. Mine de rien, je suis assez inquiet pour faire attention à ce qui se passe autour du moi. Dommage. Et dommage que cette ville il faille la reconstruir tous les siècles. C'est pas moi qui le dit, c'est l'US Geleogical Survey :

there is a 70% probability (±10%) of at least one magnitude 6.7 or greater quake, capable of causing widespread damage, striking the region before 2030



Mais il est 2h, je tombe de fatigue, et je viens de réaliser que je me suis endormi sur les escaliers (j'écris dehors sur le pallier pour que les autres puisent dormir). Au lit!

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