CogSci 200 - 02/10/2005
Après une bonne semaine de boulot – j'ai désormais un genre de sujet de stage – et de cours, le tout agrémentée d'une tourista – petite, je vous rassure, rien à voir avec la version guatémaltèque, qui a plus de caractère – il me faut raconter une expérience initiatique : un séminaire de Cognitive Science, ici surnommée CogSci.
Mais avant ça, un petit point sur le système éducatif. Il faut savoir qu'ici, un cours ici, c'est 3h de face à face avec un professeur. Par semestre, un étudiant suit en général entre 2 et 4 cours, selon leur difficulté, la note qu'il souhaite obtenir, sa motivation et le temps passé à son boulot rémunéré qu'il a en parallèle. Ca fait entre 6 et 12h d'amphi. Ridicule !, pensais-je il y a deux semaines, c'est à dire avant de découvrir que la note obtenue au cours dépend en partie de l'examen final et des partiels, de la bonne résolution d'exercice à faire chez soi, voir parfois de la participation en cours... comprendre qu'il y a un type qui vient exprès pour évaluer quel étudiant parle, pendant combien de temps, et si il dit des trucs intelligents ou des âneries. Les exercices que j'ai pu voir jusqu'à présent sont quant à eux sont assez chrono phages, ce à quoi il faut rajouter les reading, à savoir la lecture d'un ou de plusieurs chapitres par semaine dans un bouquin choisi par le prof. Et il est d'autant plus important de bien faire tout ça que les notes sont importantes pour trouver un boulot ou une thèse. Tout ça pour dire que malgré les 12h d'amphi hebdomadaires, ça doit bosser à peu près autant qu'à la maison quantitativement parlant.
Pour en revenir au séminaire de Cognitive Science, le contenu de ce second cours – enfin premier pour moi vu que j'ai raté le premier – était assez spécial si bien que je ne sais pas trop à quelle discipline le rattacher en français, peut-être les sciences de l'éducation ?
J'arrive avec 10 minutes d'avance dans une salle avec de la moquette et des tables en rond. Il n'y qu'une dizaine de personnes alors que la salle doit pouvoir en contenir une soixantaine. Le séminaire est un graduate seminar, comprendre qu'il s'adresse à des thésards ou à des étudiants de master. Les étudiants arrivent au compte-goutte, sortant leur support de notes, au choix un portable, un tablet PC ou le bon vieux bloque-notes. Comme on est assez proche des sciences humaines, certains ont un look un peu déjenté (crête, maquillage chelou, jeans troués exprès, collants noirs), d'autres ont même prévu le sac de pop-corn, comme au ciné. Puis le prof arrive, en short, sandales, et t-shirt frappé du texte "UCSD Philosophy". La cinquantaine, un bon mètre 85, il doit bien peser dans les 90 kilos. Il sort un iBook qu'il connecte au rétro-projecteur, une clef USB qui contient vraisemblablement les diapos du jour. Puis, télécommande pour pouvoir changer de transparent à distance dans une main et maxi-goblet de café dans l'autre, il nous passe la diapo de titre qui pose d'entrée la question du jour : Is time its own representation ?
Bonne question... à laquelle il répond tout de suite : "the answer is no". Mais je reste assez peu assuré, et pour cause : ceux qui ont bien suivi jusqu'ici ont bien dû noter l'inscription UCSD Philosophy sur le t-shirt du prof, ce qui n'est pas un hasard puisque le prof est effectivement prof au département de Philo. Or, si ça parle Philosophie, il n'y aucune chance que je comprenne quoi que ce soit au cours étant donné l'ancrage de la pensée philosophique dans la langue.
En fait, il n'a pas vraiment fait appel à des notions philosophiques. Sans rentrer dans les détails, il était plutôt question de perceptions comme modèle du monde, du lien entre illusions d'optique et de modèles statistiques a priori, de traitement du signal et de théorie du contrôle. Le tout est agrémenté de résultats expérimentaux présenté sous forme de graphes 2D, du genre précision de la réponse contre vitesse ou temps d'exposition par exemple. L'idée était donc de répondre à la question sus-citée en faisant appel à des modèles censés rendre compte du fonctionnement du cerveau dans des certaines situations. Puis on fait appel à des expériences pour trancher la question.
Pour être honnête, tout ça m'a l'air un peu fumeux, mais je compte bien continuer à suivre ce séminaire, ne serais-ce que pour avoir une idée de ce qu'ils appellent Cognitive Science.
Mais avant ça, un petit point sur le système éducatif. Il faut savoir qu'ici, un cours ici, c'est 3h de face à face avec un professeur. Par semestre, un étudiant suit en général entre 2 et 4 cours, selon leur difficulté, la note qu'il souhaite obtenir, sa motivation et le temps passé à son boulot rémunéré qu'il a en parallèle. Ca fait entre 6 et 12h d'amphi. Ridicule !, pensais-je il y a deux semaines, c'est à dire avant de découvrir que la note obtenue au cours dépend en partie de l'examen final et des partiels, de la bonne résolution d'exercice à faire chez soi, voir parfois de la participation en cours... comprendre qu'il y a un type qui vient exprès pour évaluer quel étudiant parle, pendant combien de temps, et si il dit des trucs intelligents ou des âneries. Les exercices que j'ai pu voir jusqu'à présent sont quant à eux sont assez chrono phages, ce à quoi il faut rajouter les reading, à savoir la lecture d'un ou de plusieurs chapitres par semaine dans un bouquin choisi par le prof. Et il est d'autant plus important de bien faire tout ça que les notes sont importantes pour trouver un boulot ou une thèse. Tout ça pour dire que malgré les 12h d'amphi hebdomadaires, ça doit bosser à peu près autant qu'à la maison quantitativement parlant.
Pour en revenir au séminaire de Cognitive Science, le contenu de ce second cours – enfin premier pour moi vu que j'ai raté le premier – était assez spécial si bien que je ne sais pas trop à quelle discipline le rattacher en français, peut-être les sciences de l'éducation ?
J'arrive avec 10 minutes d'avance dans une salle avec de la moquette et des tables en rond. Il n'y qu'une dizaine de personnes alors que la salle doit pouvoir en contenir une soixantaine. Le séminaire est un graduate seminar, comprendre qu'il s'adresse à des thésards ou à des étudiants de master. Les étudiants arrivent au compte-goutte, sortant leur support de notes, au choix un portable, un tablet PC ou le bon vieux bloque-notes. Comme on est assez proche des sciences humaines, certains ont un look un peu déjenté (crête, maquillage chelou, jeans troués exprès, collants noirs), d'autres ont même prévu le sac de pop-corn, comme au ciné. Puis le prof arrive, en short, sandales, et t-shirt frappé du texte "UCSD Philosophy". La cinquantaine, un bon mètre 85, il doit bien peser dans les 90 kilos. Il sort un iBook qu'il connecte au rétro-projecteur, une clef USB qui contient vraisemblablement les diapos du jour. Puis, télécommande pour pouvoir changer de transparent à distance dans une main et maxi-goblet de café dans l'autre, il nous passe la diapo de titre qui pose d'entrée la question du jour : Is time its own representation ?
Bonne question... à laquelle il répond tout de suite : "the answer is no". Mais je reste assez peu assuré, et pour cause : ceux qui ont bien suivi jusqu'ici ont bien dû noter l'inscription UCSD Philosophy sur le t-shirt du prof, ce qui n'est pas un hasard puisque le prof est effectivement prof au département de Philo. Or, si ça parle Philosophie, il n'y aucune chance que je comprenne quoi que ce soit au cours étant donné l'ancrage de la pensée philosophique dans la langue.
En fait, il n'a pas vraiment fait appel à des notions philosophiques. Sans rentrer dans les détails, il était plutôt question de perceptions comme modèle du monde, du lien entre illusions d'optique et de modèles statistiques a priori, de traitement du signal et de théorie du contrôle. Le tout est agrémenté de résultats expérimentaux présenté sous forme de graphes 2D, du genre précision de la réponse contre vitesse ou temps d'exposition par exemple. L'idée était donc de répondre à la question sus-citée en faisant appel à des modèles censés rendre compte du fonctionnement du cerveau dans des certaines situations. Puis on fait appel à des expériences pour trancher la question.
Pour être honnête, tout ça m'a l'air un peu fumeux, mais je compte bien continuer à suivre ce séminaire, ne serais-ce que pour avoir une idée de ce qu'ils appellent Cognitive Science.
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