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Jean 'Guffle' Hausser

Deux semaines à l'île Maurice - 22/08/2004

En général, c'est de l'avion qu'on découvre l'île pour la première fois. C'est certainement aussi de l'avion que l'île est la plus belle. L'océan indien, paré des dorures que le soleil lui offre vient s'échouer dans l'écume blanche sur la barrière de corail qui protège le lagon d'eau turquoise au doux fond sablonneux.

La côte de Maurice vue du ciel

Un peu plus loin, la plage fait place à de la verdure. Quelques éléments de reliefs viennent compléter le tableau.


Quelques reliefs de l'îleToujours Maurice, vue d'un peu plus haut

L'île de France - comme on l'appelait autrefois - offre du ciel la vision d'un paradis tropical conforme à l'imagerie édénique classique.
Nous sommes début août. Dans l'hémisphère sud c'est l'hiver et la température est étonnamment agréable. Les habitants ont la peau brun sombre, moins souvent noire ou encore blanche. Mais l'influence de l'Inde se fait sentir à travers leurs traits ou les temples hindous qu'on peut apercevoir en traversant les villages.
Ceux-ci semblent ne pas avoir fait l'objet de plans de constructions planifiés. Les édifices sont juxtaposés de manière désordonnée et en laissant peu d'espace entre les constructions par rapport à ce qu'on trouve en France. Les constructions officielles sont bétonnées mais bon nombre d'entre elles sont faites à base de taule et de bois, d'autres possèdent encore l'armature métallique du béton qui dépasse du toit ce qui leur donne un aspect inachevé. Les accotements des routes sont souvent étroits à l'instar de la route elle-même.
Lorsqu'on circule à pied dans le village, on peut être accompagné par du reggae ou du séga (un style musical propre à l'île) bass-boosté diffusé depuis l'une ou l'autre de ces constructions. Entre les villages, il n'est pas rare de trouver des champs de canne à sucre à la base principale industrie du pays avec le tourisme. Certains sont irrigués, même en l'absence de pousses visibles. On apprendra par la suite que la canne pousse en continue et que des récoltes ont ainsi lieu en toutes saisons de l'année.
L'île Maurice, ou plutôt Mauritius comme on l'appelle officiellement fait partie du Commonwealth. Ceci a au moins deux conséquences visibles. D'abord, la langue officielle et administrative est l'anglais qu'on retrouve sur façades des bâtiments officiels, sur les placards informatifs ou encore les affiches publicitaires. Ensuite, on roule à gauche. Dans les faits, si les habitants sont très souvent francophones, on se rend compte assez rapidement que le français comme l'anglais sont des langues étrangères pour les mauriciens qui possèdent une langue propre connue de tous : le créole.

Une affiche en créole dans le bus

Si celui-ci diffère de celui pratiqué dans les antilles, il est assez proche de celui des îles voisines. Son orthographe est d'ailleurs en cours de standardisation.
La présence de ces langues est bien sûr liée à l'histoire de l'île. Après les tentatives plus ou moins motivées des arabes, des portugais et des néerlandais de s'installer sur l'île, les français prirent possession des lieux début XVIIIème et importèrent des esclaves malgaches. L'île fut prise par les anglais début XIXème. L'esclavage fut aboli sur l'île quelques années après et on fit venir des ouvriers indiens pour pourvoir au manque de main d'oeuvre. Leurs descendants forment aujourd'hui la majorité de la population.

J'ai eu un petit aperçu du cinéma indien (petit parce que j'ai craqué au bout d'une demi-heure) au travers d'un film bollywoodien diffusé à la télévision. Il était question d'un mariage, on chantait et dansait pas mal pendant le film. Le jeu de certains personnages était assez peu naturel, et j'ai été surpris de trouver des plans ou des répliques d'auto-dérision sur le cinéma indien : la caricature de la vision coup de foudre où la futur mariée du film sortant du bain secoue ses cheveux encore humides au soleil avec un effet de ralenti, ou bien la réplique "dans le cinéma indien, le futur marié doit toujours faire une entrée fracassante au début du dénouement" dans un night-club juste avant que celui se présente en costume avec un bouquet de roses et un regard doucement langoureux sur un fond d'instruments à cordes.
Les habitants rencontré hors de l'hôtel étaient en général bien disposés à nous aider et les commerçants ont généralement fait preuve d'honnêteté. Par exemple, sur un marché, on ne vous interpelle pas intempestivement, ou bien si c'est le cas, un "non" de la tête suffit à ce qu'on vous laisse tranquille. A comparer au harassement qu'on subit avec les marchands marocains pour ceux qui en ont fait la désagréable expérience. Ou bien encore, toujours sur un marché, mon père, s'adressant à un marchand de textiles pose la question "C'est de la contre-façon ?" à propos d'une chemise d'une grande marque vendue à prix cassée. Réponse sans appel du vendeur :

"Oui. Tout est contrefait ici car ceux sont des produits destinés au marché national. Si vous voulez être tranquille à la douane, il vous suffit d'enlever le logo. Ou bien prenez une chemise Boss. Avant on y inscrivait Hugo Boss ce qui posait des problèmes avec les douanes. Maintenant, on y inscrit juste Boss et on a plus de problèmes."

Après quoi il est allé servir un autre client. A comparer toujours au vendeur du port de Casablanca qui aurait juré sur sa tête qu'il ne nous vendait pas de produits contrefaits, alors que c'était bien évidemment le cas. Un dernier exemple avec un disquaire dans un magasin d'une arrière-cours. On lui demande si il a des artistes à nous recommander pour du séga. Il saisit en réponse une double compilation de son comptoir et nous expliquant que lui a surtout des artistes internationaux et qu'on ferait mieux de revenir le lendemain, jour où le magasin spécialisé dans la musique locale et situé un peu plus loin serait ouvert. S'il s'était abstenu de nous dire ça, on serait repartit avec cette compile étant donné qu'on y connait pas grand chose à la musique de Maurice en général, nous autres français du cru. Étonnement honnêtes donc les marchands mauriciens recontrés.
Entre autres traits qui précise un peu ce portrait du Mauricien moyen, on pourrait ajouter un bon sens de l'humour et un rire facile. Je ne vais pas en rajouter trop sur les habitants parce que je n'en ai pas rencontré beaucoup hors des employés de l'hôtel qui eux sont payés pour être sympa ce qui fausse la donne.

Au niveau des excursions faites hors de l'hôtel (un quatre étoiles tous conforts, pas trop dans l'esprit baroudeur mais bon), il y a eu de la marche dans la boue pour monter au point culminant de l'île situé à un peu plus de 800m au dessus de la mer et qui a rappelé des souvenirs des chutes du Carbet de Guadeloupe à toute la famille. Il y a aussi eu le parc naturel à touristes de l'île et ses Terres de 7 couleurs de Chamarel. Il y a eu la capitale, Port-Louis et le musée historique de l'île - le Blue Penny Museum, organisé autour de timbres rares imprimés dans l'île, son port, son quartier chinois et son marché.
Il y a aussi eu l'agglomération de Quarte-Bornes, moins intéressante culturellement mais plus typique pour ce qui est de l'atmosphère et qui possède un marché important. Ca nous a donné l'occasion de reprendre le bus local. Le bus là-bas, c'est la quintescence du bus, un gros tas de fer et d'acier bruyant dans lequel on a fixé des sièges où on se sert les uns contre les autres. Les portes sont manuelles et s'ouvrent seules quand le bus freine parce qu'elle ne tiennent plus correctement en position fermée. Le chauffeur est enfermé dans une cabine vitrée sur la droite du véhicule (ben oui, on roule à gauche !) et dont la jonction au sol est faite par des lambeaux de caoutchouc qui flottent dans les courants d'air. Au-dessus de lui, il prend en général soin de placer des autocollants à l'effigie des ses dieux favoris au panthéon hindou sous la forme de dessins très colorés assez kitsch. Le bus roule à toute blinde sur des routes étroites dans un bruit d'enfer et ça secoue pas mal. Le contrôleur tient debout tant bien que mal et va voir les passagers avec une machine à billets entièrement mécanique actionnée par quelques tours de manivelle qui imprime des lettres assez peu lisibles à l'encre bleu sur du papier type "ticket de caisse". Et pour demander un arrêt, il suffit d'avertir en tirant sur une petite corde qui cours de chaque côté de l'engin et qui est reliée à une cloche à l'avant du bus. Bref, c'est du vrai bus roots pur jus comme on fait plus aujourd'hui.
Mais pour être honnête, j'ai passé le plus clair de mon temps à l'hôtel. Il faut dire qu'il était situé sur une des plus belles plages de l'île et qu'il offrait de nombreuses possibilités pour les sports nautiques et de plage : ski (nautique bien sûr), planche à voile, laser (un dériveur à voile triangulaire unique), beach-volley et lecture entre transat et parasol face à l'océan indien si on peut appeler ça un sport.

Le ski nautique a été une bonne surprise car pas trop difficile à aborder contrairement à ce qu'on peut croire. La glisse sur l'eau à 30 à l'heure derrière un bateau et la possibilité de passer d'un côté à l'autre en jouant dans les crêtes du sillon tracé par le bateau, ça offre de bonnes sensations. Quant au laser, ça ressemble pas mal à la planche à voile en plus facile, mais ça m'a laissé quelques souvenirs sur les jambes vu que des rafales de vent m'ont fait chavirer plusieurs fois sur les coraux. Et es coraux, j'ai pu vérifier que ça coupe bien comme on le dit. J'aurais au moins acquis quelques rudiments de navigation. Et les paysages sous-marins étaient de toute beauté, même si assez similaire à ceux de la Martinique.

Un joli poisson dont j'ignore malheuresement le nomPlein de jolis poissons colorés

En six plongées, j'ai eu la chance de voir quelques animaux marins : serpent de mer,

Un serpent de mer

raie, langouste,

La côte de Maurice vue du ciel

murène, diodon.

La côte de Maurice vue du ciel

C'était un peu limite sur la sécurité par moment, mais je n'ai rien à y redire. Je vais pas me plaindre d'avoir été à plus de 20 mètres malgré mon niveau 1 CMAS qui ne m'autorise qu'à 20 mètres maximum puisque c'était pour voir de belles choses. Et il y a eu cette plongée un peu sportive dans la passe de Saint Jacques où on s'est mis à l'eau dans des creux de 2 mètres et où je me suis retrouvé seul à 8 mètres de fond accroché au filin de l'ancre qui s'était mal fixée sur le fond. Ca a été ma plongée préférée au final. Plongeant toujours en binome avec papa, j'ai fait quelques progrès au niveau de la consommation et de la stabilisation et avec 11 plongées, je devrais être un peu plus tranquille par rapport aux moniteurs désireux de me faire refaire de la piscine qu'avec 5 plongées à mon actif comme c'était le cas auparavant.
Enfin, les autres clients de l'hôtel provenaient d'horizons assez différents. Ca été l'occasion de faire un peu d'allemand et d'anglais en situation. Il y avait bien sûr les immanquables français, des italiens, allemands (ahhhh Charlotte...), anglais et leur accent incompréhensible, et alsaciens. Oui, alsaciens. Comme quoi on peut faire 8000 km et rencontrer des gens du bled d'à côté (Hoerdt et Bischheim en l'occurence pour ceux qui connaissent). Hors européens, il y avait un couple arrangé, lui indien, elle malaise. Oui, un mariage arrangé, chose apparemment encore assez courante puisque comptant pour environ 50% des unions en Inde d'aujourd'hui. Quelques adresses-email échangées. Je reprendrai contact et je les inscrirai dans ma BBDB de retour à Lyon.

En somme, de superbes (et probablement ultimes) vacances en famille même si un peu faciles comparées à celle qu'on envisageait au Kenya ou à Madagascar situés juste à côté. Un retour pas trop éprouvant puisque seulement 2h de jetlag, mais quand même un peu à cause des 12h d'avion.

La famille à l'aéroport de Frankfurt, 2h du mat'Ouame. Je dors.

Et bien content d'en avoir profité, et d'avoir été dans un paradis tropical typique d'autant plus que le pic de l'ami Hubbert nous guette. Mais ça, c'est une autre histoire dont je parlerai une prochaine fois.

Commentaires

jackson louis, le 16/01/2006 @ 10h44

ces ce la oui va couche

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