Ambiance californienne (ou Yann Boquillon aka Narguileman avait tord) - 12/02/2006
Contrairement à ce que le film "Road Trip in Southern California" pourrait laisser penser, je ne suis pas devenu automobiliste en arrivant ici. Pas du tout, je continue de prendre le bus en bon euro-étudiant. A cette occasion, il arrive qu'une conversation démarre spontanément entre deux personnes assises face à face de part et d'autre de l'allée centrale. Comme le bus est assez bruyant, il faut parler fort, donc tout le monde peut suivre. Il n'est donc pas rare que cela tourne à une conversation à trois, puis quatre, cinq ou six personnes qui ne se connaissaient pas.
Ou encore, quand je paumais quelque part, il m'arrivait de demander mon chemin à quelqu'un au hasard. La première réaction, c'est qu'on vous file un coup de main (bingo!). Mais ensuite, si vous ne faites pas mine d'être pressé, la personne que vous avez interpellé va probablement poursuivre en vous demandant d'où vous venez, si c'est la première fois que vous venez aux Etats-Unis, pour quelle raison vous êtes là. Bon, jusque là, ce sont les mêmes questions qu'on vous pose à la frontière, même si le ton est différent. Ensuite, vous pourrez avoir droit à un mesquin "how do you like it here ?", qui est à la question de la question-piège, même si ça n'est certainement pas voulu par celui qui la pose. Puis vous apprendrez très probablement de quelle ville vient votre interlocuteur, s'il est installé dans le coin depuis longtemps, quel est son travail, s'il a déjà été à Paris. Et si par hasard il a fait l'option français au lycée ou à l'université, vous aurez droit à quelques phrases. Ca peut être un passant auquel vous demandez un renseignement sur la plage, la personne sur le siège voisin dans le bus pour le campus, la coiffeuse le dimanche, ou un étudiant qui bosse au Subway du coin le soir, un quart d'heure avant la fermeture.
A l'époque des émeutes dans les banlieues, il m'arrivait d'en parler avec des gens du coin parce qu'eux engageaient la conversation sur ce sujet. Ca commençait en général par eux qui vous envoie leur avis tranché sur la question en pleine figure, à savoir celle véhiculée par la télé : les musulmans barbus terroristes qui mettent le feu aux voitures. Face à quoi j'essayais d'expliquer que ça me semblait peu probable, petite leçon d'Histoire de France post-coloniale et d'urbanisme à l'appui, après quoi ils avaient une vision peut-être un plus juste et tout cas moins foxnewsisée. Bref, ici, les gens se parlent. On dira ce qu'on voudra, on m'empêchera pas de penser que c'est bien sympathique et accueillant. Et ça n'a pas forcément besoin de rester cantoné à du commérage inconséquent : après avoir parlé de tout et de rien, vous aurez peut-être découvert que vous avez quelque chose en commun. C'est comme ça que, en discutant sans le savoir avec la femme d'un quants, j'ai gagné une visite guidée du SDSC où il travaille. Oui ben évidemment, on a les centres d'intérêts qu'on a, j'assume complètement.
Pour compléter le tableau, il faut rajouter le soleil qui vous attend dès que vous mettez le nez dehors et qui a pour effet de vous coller un sourire dès le matin. J'aurais pas cru que l'ensoleillement puisse avoir un effet si puissant sur le moral avant, sans parler des effets biologiques (comme la production de vitamine D bien sûr, pas le cancer de la peau). Et l'océan, qui vous donne cette impression de vacances et d'été permanent avec ce petit vent marin qui vivifie l'air en le renouvelant en permanence. Bref, tout ceci est excellent pour le moral, je crois qu'on est pas fait pour vivre sous les nuages. Ca expliquerait en tous cas ce qui pousse certains vers les sommets enneigés d'Ecosse, du Mexique et des Alpes.
Ou encore, quand je paumais quelque part, il m'arrivait de demander mon chemin à quelqu'un au hasard. La première réaction, c'est qu'on vous file un coup de main (bingo!). Mais ensuite, si vous ne faites pas mine d'être pressé, la personne que vous avez interpellé va probablement poursuivre en vous demandant d'où vous venez, si c'est la première fois que vous venez aux Etats-Unis, pour quelle raison vous êtes là. Bon, jusque là, ce sont les mêmes questions qu'on vous pose à la frontière, même si le ton est différent. Ensuite, vous pourrez avoir droit à un mesquin "how do you like it here ?", qui est à la question de la question-piège, même si ça n'est certainement pas voulu par celui qui la pose. Puis vous apprendrez très probablement de quelle ville vient votre interlocuteur, s'il est installé dans le coin depuis longtemps, quel est son travail, s'il a déjà été à Paris. Et si par hasard il a fait l'option français au lycée ou à l'université, vous aurez droit à quelques phrases. Ca peut être un passant auquel vous demandez un renseignement sur la plage, la personne sur le siège voisin dans le bus pour le campus, la coiffeuse le dimanche, ou un étudiant qui bosse au Subway du coin le soir, un quart d'heure avant la fermeture.
A l'époque des émeutes dans les banlieues, il m'arrivait d'en parler avec des gens du coin parce qu'eux engageaient la conversation sur ce sujet. Ca commençait en général par eux qui vous envoie leur avis tranché sur la question en pleine figure, à savoir celle véhiculée par la télé : les musulmans barbus terroristes qui mettent le feu aux voitures. Face à quoi j'essayais d'expliquer que ça me semblait peu probable, petite leçon d'Histoire de France post-coloniale et d'urbanisme à l'appui, après quoi ils avaient une vision peut-être un plus juste et tout cas moins foxnewsisée. Bref, ici, les gens se parlent. On dira ce qu'on voudra, on m'empêchera pas de penser que c'est bien sympathique et accueillant. Et ça n'a pas forcément besoin de rester cantoné à du commérage inconséquent : après avoir parlé de tout et de rien, vous aurez peut-être découvert que vous avez quelque chose en commun. C'est comme ça que, en discutant sans le savoir avec la femme d'un quants, j'ai gagné une visite guidée du SDSC où il travaille. Oui ben évidemment, on a les centres d'intérêts qu'on a, j'assume complètement.
Pour compléter le tableau, il faut rajouter le soleil qui vous attend dès que vous mettez le nez dehors et qui a pour effet de vous coller un sourire dès le matin. J'aurais pas cru que l'ensoleillement puisse avoir un effet si puissant sur le moral avant, sans parler des effets biologiques (comme la production de vitamine D bien sûr, pas le cancer de la peau). Et l'océan, qui vous donne cette impression de vacances et d'été permanent avec ce petit vent marin qui vivifie l'air en le renouvelant en permanence. Bref, tout ceci est excellent pour le moral, je crois qu'on est pas fait pour vivre sous les nuages. Ca expliquerait en tous cas ce qui pousse certains vers les sommets enneigés d'Ecosse, du Mexique et des Alpes.