Retrospective trimestrielle - 08/01/2006
Bon, c'est pas tout de parler du beau temps. Après exactement trois mois sur place, c'est le moment idéal pour mettre par écrit les choses qui m'ont frappé, et ce de façon complètement destructurée.
Donc, dans le désordre, on commence par les prêts et l'endettement. Ici, tout le monde a son prêt. Prêt pour les études universitaires jusqu'au Bachelor - après, en thèse, c'est souvent le département qui les paie - à savoir quelque chose comme 1000$ du quater (3 mois) pour les résidents à l'Université de Californie qui est une université publique, donc moins cher que le privé. Prêt pour la voiture, ce qui explique comment ça se fait que mes trois collocs en aient tous une neuve ou presque. Ou plus tard, prêt pour la maison. L'idée n'est pas stupide : avec des prêts résonnés, on peut accéder à un bien et en profiter plus tôt moyennant un surcoût acceptable. C'est simplement suprenant, même si tout le monde sait par les cours de géographie et d'histoire (cf le gonglement de la bulle spéculatoire qui aboutit au krack boursier de 1929) que les ménages américains ont largement recours au crédit pour des dépenses de consommation, c'est différent de la voir en vrai. C'est un fait, mes collocs achètent des lecteurs de DVD de salon comme ça, sur un coup de tête, ou changent facilement leur matériel informatique (clavier et souris sans fil, un nouvel écran plat 22') alors qu'ils n'ont même pas fini leurs études.
Et d'autre part, les emprunts de consommation, ça demande un sacré engagement sur l'avenir, parce que le calcul qui vise à se dire qu'on va facilement pouvoir rembourser le prêt qu'on a pris pour financer ses études lorsqu'on travaillera, ça marche si tout va bien. Mais quid si on ne trouve pas de travail ? Ou si on est au final incapable de travailler parce qu'on tombe malade ? Ou encore en cas de décès de l'intéressé, qui doit assurer le remboursement ? Un proche ? Bref, je me demande quelle fraction de la population est dans l'incapacité de rembourser son prêt pour cause d'imprévu de ce type. Et je continue de penser qu'il vaut bien mieux un système à l'européenne (hors Royaume-Uni) avec des frais de scolarité raisonables et une université financée par tous et moins discriminatoire.
Pour aider, mes trois collocs travaillent souvent à côté des cours, et même dans leur branche lorsque les labos associés ont de l'argent (cas de l'un d'eux, en biologie marine) ou si ils peuvent intéresser une entreprise (cas de mon coturne informaticien), ou bien ailleurs (cas du troisième, psychologue, qui fait du soutien scolaire en lycée).
Sinon, c'est la première que j'ai un vrai coturne (nom commun insalien désignant personne partigeant la même turne que moi, à savoir la même chambre) et non pas de collocs comme au cours des quatre dernières années. Il s'agit d'un ethiopien installé aux Etats-Unis depuis 6 ans pour des raisons apparemment politiques, top chrétien, bien sympa, pas chiant le gars. En plus, il me laisse utiliser la moitié de son réveil CD bi-alarmes donc je me réveille avec du folklore éthiopien des plus authentiques tous les matins. Seul problème : il n'éteint jamais son téléphone portable qu'il garde prêt de lui, même la nuit, afin d'etre joignable par la partie de la famille restée au pays à n'importe quelle heure. Donc on est de temps en temps réveillé par une sonnerie polyphonique du portable qui entonne l'Halleluia de Haendel au beau milieu de la nuit. En plus de ça, il a des horaires bizarres de travail du style 23h-6h, 13h-17h. Et même que le dimanche matin, il se lève à 5h pour aller à la messe. Balaise le gars ! Affaire à suivre...
Donc, dans le désordre, on commence par les prêts et l'endettement. Ici, tout le monde a son prêt. Prêt pour les études universitaires jusqu'au Bachelor - après, en thèse, c'est souvent le département qui les paie - à savoir quelque chose comme 1000$ du quater (3 mois) pour les résidents à l'Université de Californie qui est une université publique, donc moins cher que le privé. Prêt pour la voiture, ce qui explique comment ça se fait que mes trois collocs en aient tous une neuve ou presque. Ou plus tard, prêt pour la maison. L'idée n'est pas stupide : avec des prêts résonnés, on peut accéder à un bien et en profiter plus tôt moyennant un surcoût acceptable. C'est simplement suprenant, même si tout le monde sait par les cours de géographie et d'histoire (cf le gonglement de la bulle spéculatoire qui aboutit au krack boursier de 1929) que les ménages américains ont largement recours au crédit pour des dépenses de consommation, c'est différent de la voir en vrai. C'est un fait, mes collocs achètent des lecteurs de DVD de salon comme ça, sur un coup de tête, ou changent facilement leur matériel informatique (clavier et souris sans fil, un nouvel écran plat 22') alors qu'ils n'ont même pas fini leurs études.
Et d'autre part, les emprunts de consommation, ça demande un sacré engagement sur l'avenir, parce que le calcul qui vise à se dire qu'on va facilement pouvoir rembourser le prêt qu'on a pris pour financer ses études lorsqu'on travaillera, ça marche si tout va bien. Mais quid si on ne trouve pas de travail ? Ou si on est au final incapable de travailler parce qu'on tombe malade ? Ou encore en cas de décès de l'intéressé, qui doit assurer le remboursement ? Un proche ? Bref, je me demande quelle fraction de la population est dans l'incapacité de rembourser son prêt pour cause d'imprévu de ce type. Et je continue de penser qu'il vaut bien mieux un système à l'européenne (hors Royaume-Uni) avec des frais de scolarité raisonables et une université financée par tous et moins discriminatoire.
Pour aider, mes trois collocs travaillent souvent à côté des cours, et même dans leur branche lorsque les labos associés ont de l'argent (cas de l'un d'eux, en biologie marine) ou si ils peuvent intéresser une entreprise (cas de mon coturne informaticien), ou bien ailleurs (cas du troisième, psychologue, qui fait du soutien scolaire en lycée).
Sinon, c'est la première que j'ai un vrai coturne (nom commun insalien désignant personne partigeant la même turne que moi, à savoir la même chambre) et non pas de collocs comme au cours des quatre dernières années. Il s'agit d'un ethiopien installé aux Etats-Unis depuis 6 ans pour des raisons apparemment politiques, top chrétien, bien sympa, pas chiant le gars. En plus, il me laisse utiliser la moitié de son réveil CD bi-alarmes donc je me réveille avec du folklore éthiopien des plus authentiques tous les matins. Seul problème : il n'éteint jamais son téléphone portable qu'il garde prêt de lui, même la nuit, afin d'etre joignable par la partie de la famille restée au pays à n'importe quelle heure. Donc on est de temps en temps réveillé par une sonnerie polyphonique du portable qui entonne l'Halleluia de Haendel au beau milieu de la nuit. En plus de ça, il a des horaires bizarres de travail du style 23h-6h, 13h-17h. Et même que le dimanche matin, il se lève à 5h pour aller à la messe. Balaise le gars ! Affaire à suivre...