Terminus, tout le monde descend - 14/09/2005
A y est, j'y suis ! Voilà à peu près 24h que je suis à San Diego, en Californie. Parti de Strasbourg à 8h30, arrivé à 21h30, ce qui 13+9 soit 22 heures de voyage, dont la majeure partie passée dans un Boeing entre Frankfurt et Los Angeles à disctuer avec une autrichienne partie faire ses études de modélisme à Los Angeles. La pauvre était donc coincée entre le hublot et moi-même, ce qui l'a obligée à collaborer. J'ai aussi dû servir d'interprête à la douane entre un jeune français d'origine algérienne, parti comme moi de Frankfurt pour rejoindre une partie de sa famille, et qui a dû faire face à des contrôles bien plus minutieux que la moyenne, faciès et lieu de naissance oblige. L'arrivée à Los Angeles a donc été cruciale : pas question de perdre son sérieux face à la moue de dégoût de la douanière qui, venant de renifler l'odeur d'un sachet au contenu indéfini me demande d'interroger l'autre français sur ce qu'il contient. Réponse : un camembert au lait cru.
Pour les premières nuits, je suis hébergé par un sympatique couple de retraités de l'université, du genre férus de voyages (ils ont été sur les sept continents dont l'Antarctique !), "contre la guerre" et monolingues. Ils habitent à Del Mar, au nord du campus d'UCSD, sur une colline d'où on pouvait voir voir l'océan pacifique il y a quelques années, mais depuis les arbres ont poussé... et manque de bol, ils sont plantés de l'autre côté du grillage, chez les voisins. Maison en bois, architecture inhabituelle, plus basse et ouverte que dans les standards européens, cuisine à l'américaine - comprendre par là qu'il n'y pas de mur qui la sépare du salon - avec son gros frigo et des photos de famille sur les murs.

J'ai enfin pu quitter les aéroports climatisés et moquettés - moquette qui semblerait-il est tout particulièrement affectionnée puisqu'ils en mettent partout - et ainsi sentir l'air, qui a une odeur différente ici qu'en Europe de l'Ouest ou au Maroc. Ca me vient à l'esprit assez régulièrement car je ne suis pas encore habitué. Ce qui est surprenant, c'est l'ouverture des gens. On engage très facilement la conversation. La barrière de la langue serait plutôt un tobogan (j'en demande pardon par avance aux personnes à l'âme littéraire sensible pour cette métaphore quelque peu brutale) : en l'espace d'une journée ici, j'ai dû avoir une dizaine de conversations (comprendre plus de 5 minutes) avec de parfaits inconnu(e)s alors que dans mon village natal, il m'est impensable de discuter avec mon voisin de quai en attendant le train, même si je le connais vaguement. Les gens ont un souvent un bon sens de l'humour, en tous cas les chauffeurs de bus, douaniers (Neuroscience is about studying the brain, right ? You've come to the right place then, there are plenty of good ones here.), employés d'aéroport (The plane to San Diego ? Right over there ! But before you go there, let me take that heavy thing off your back., dit-il en désignant mon sac à dos) et administration de l'uni que j'ai pu croiser jusqu'à présent. Et pas l'ombre d'un sentiment anti-français pour l'instant. Ce serait plutôt l'étonnement de voir qu'on vient de loin alors qu'eux avouent n'avoir pas trop bougé de leur pays. Ca, associé aux grands médias qui sont réputés filtrer l'information au peigne fin, ça fait penser à une population sympathique et naïve dirigée par une élite de faucons, population qui se réveille de temps en temps quand l'élite déconne vraiment trop. Evidemment, tout cela est faux comme peuvent l'être la plupart des conclusions générales qu'on peut tirer lorsqu'on descend à peine de l'avion comme c'est mon cas.
San Diego, ou plutôt La Jolla située au Nord, est une ville agréable de deux millions de personnes, possède des plages et les meilleurs spots de surf de la côte ouest, une université parmis les plus réputées pour les neurosciences et l'océanographie, ce à quoi il faut ajouter l'agrément du soleil californien, la verdure en ville et les palmiers sur les trottoirs. Le réseau de bus n'est pas exceptionnel mais pas catastrophique non plus et je m'attendais à bien pire : les lignes qui passent sur le campus sont desservies par un bus de tous les quarts à toute les demi-heures ce qui est plutôt mauvais dans les standards européens, mais plutôt bon ici.
On entend régulièrement (et on voit parfois) des avions de chasse survoler la ville à basse altitude en raison de la présence d'un base militaire de marines au sud de l'université. Quand au régime alimentaire, je ne surprendrai personne en disant qu'il est assez gras et sucré. On m'a même servit des oeufs doubles. Comprendre qu'on peut acheter des boîtes d'oeufs doubles à la douzaine, comme si chacun avait deux embryons. La personne qui m'héberge m'a montré ça fièrement ce matin, mais je n'ose pas imaginer comment ils font ça... on casse tous les oeufs, on sépare le blanc du jaune, puis on recoule deux jaunes associés à du blanc pour remplir une coque de plastique conçue pour imiter une coquille d'oeuf ? Aussi, on se fait aussi assez régulièrement assaillir par des odeurs de bouffe dans la rue. Bref, va falloir que je fasse gaffe si je veux arriver à rentrer sur un siège de l'avion dans 6 mois. Apparemment, les gens sont pas trop stressés au boulot. On arrive et on part quand on veut, personne n'y trouvera à redire tant que le travail est fait. L'accueil des étrangers est très au point : il y a des points d'échange de matos de cuisine, conseillers qui vous raconte les arnaques d'assurances classiques à l'arrivée et vous explique en détail et simplement ce qu'il faut faire pour être tranquille côté paperasses, des gens qui organisent des déjeuners et des activités destinées aux épouses des chercheurs, etc... J'ai appris tout ça ce matin à une réunion d'orientation destinée aux nouveaux arrivants. Dans la salle, des européens (plusieurs italiens, allemands, français, suisses), des asiatiques (Corée du sud), des américains (Colombie). Reste maintenant à demander un numéro de sécu (oui, il y a une sécu ici, mais j'ai cru comprendre que ça servait surtout à collecter les impôts), ouvrir un compte en banque, valider le permis (histoire de pouvoir se faire une petite virée en voiture un week-end) et les formulaires pour la bourse Rhône-Alpes. Tout un programme !
Pour les premières nuits, je suis hébergé par un sympatique couple de retraités de l'université, du genre férus de voyages (ils ont été sur les sept continents dont l'Antarctique !), "contre la guerre" et monolingues. Ils habitent à Del Mar, au nord du campus d'UCSD, sur une colline d'où on pouvait voir voir l'océan pacifique il y a quelques années, mais depuis les arbres ont poussé... et manque de bol, ils sont plantés de l'autre côté du grillage, chez les voisins. Maison en bois, architecture inhabituelle, plus basse et ouverte que dans les standards européens, cuisine à l'américaine - comprendre par là qu'il n'y pas de mur qui la sépare du salon - avec son gros frigo et des photos de famille sur les murs.

J'ai enfin pu quitter les aéroports climatisés et moquettés - moquette qui semblerait-il est tout particulièrement affectionnée puisqu'ils en mettent partout - et ainsi sentir l'air, qui a une odeur différente ici qu'en Europe de l'Ouest ou au Maroc. Ca me vient à l'esprit assez régulièrement car je ne suis pas encore habitué. Ce qui est surprenant, c'est l'ouverture des gens. On engage très facilement la conversation. La barrière de la langue serait plutôt un tobogan (j'en demande pardon par avance aux personnes à l'âme littéraire sensible pour cette métaphore quelque peu brutale) : en l'espace d'une journée ici, j'ai dû avoir une dizaine de conversations (comprendre plus de 5 minutes) avec de parfaits inconnu(e)s alors que dans mon village natal, il m'est impensable de discuter avec mon voisin de quai en attendant le train, même si je le connais vaguement. Les gens ont un souvent un bon sens de l'humour, en tous cas les chauffeurs de bus, douaniers (Neuroscience is about studying the brain, right ? You've come to the right place then, there are plenty of good ones here.), employés d'aéroport (The plane to San Diego ? Right over there ! But before you go there, let me take that heavy thing off your back., dit-il en désignant mon sac à dos) et administration de l'uni que j'ai pu croiser jusqu'à présent. Et pas l'ombre d'un sentiment anti-français pour l'instant. Ce serait plutôt l'étonnement de voir qu'on vient de loin alors qu'eux avouent n'avoir pas trop bougé de leur pays. Ca, associé aux grands médias qui sont réputés filtrer l'information au peigne fin, ça fait penser à une population sympathique et naïve dirigée par une élite de faucons, population qui se réveille de temps en temps quand l'élite déconne vraiment trop. Evidemment, tout cela est faux comme peuvent l'être la plupart des conclusions générales qu'on peut tirer lorsqu'on descend à peine de l'avion comme c'est mon cas.
San Diego, ou plutôt La Jolla située au Nord, est une ville agréable de deux millions de personnes, possède des plages et les meilleurs spots de surf de la côte ouest, une université parmis les plus réputées pour les neurosciences et l'océanographie, ce à quoi il faut ajouter l'agrément du soleil californien, la verdure en ville et les palmiers sur les trottoirs. Le réseau de bus n'est pas exceptionnel mais pas catastrophique non plus et je m'attendais à bien pire : les lignes qui passent sur le campus sont desservies par un bus de tous les quarts à toute les demi-heures ce qui est plutôt mauvais dans les standards européens, mais plutôt bon ici.
On entend régulièrement (et on voit parfois) des avions de chasse survoler la ville à basse altitude en raison de la présence d'un base militaire de marines au sud de l'université. Quand au régime alimentaire, je ne surprendrai personne en disant qu'il est assez gras et sucré. On m'a même servit des oeufs doubles. Comprendre qu'on peut acheter des boîtes d'oeufs doubles à la douzaine, comme si chacun avait deux embryons. La personne qui m'héberge m'a montré ça fièrement ce matin, mais je n'ose pas imaginer comment ils font ça... on casse tous les oeufs, on sépare le blanc du jaune, puis on recoule deux jaunes associés à du blanc pour remplir une coque de plastique conçue pour imiter une coquille d'oeuf ? Aussi, on se fait aussi assez régulièrement assaillir par des odeurs de bouffe dans la rue. Bref, va falloir que je fasse gaffe si je veux arriver à rentrer sur un siège de l'avion dans 6 mois. Apparemment, les gens sont pas trop stressés au boulot. On arrive et on part quand on veut, personne n'y trouvera à redire tant que le travail est fait. L'accueil des étrangers est très au point : il y a des points d'échange de matos de cuisine, conseillers qui vous raconte les arnaques d'assurances classiques à l'arrivée et vous explique en détail et simplement ce qu'il faut faire pour être tranquille côté paperasses, des gens qui organisent des déjeuners et des activités destinées aux épouses des chercheurs, etc... J'ai appris tout ça ce matin à une réunion d'orientation destinée aux nouveaux arrivants. Dans la salle, des européens (plusieurs italiens, allemands, français, suisses), des asiatiques (Corée du sud), des américains (Colombie). Reste maintenant à demander un numéro de sécu (oui, il y a une sécu ici, mais j'ai cru comprendre que ça servait surtout à collecter les impôts), ouvrir un compte en banque, valider le permis (histoire de pouvoir se faire une petite virée en voiture un week-end) et les formulaires pour la bourse Rhône-Alpes. Tout un programme !